60 millions de personnes de plus pourront tomber dans l’extrême pauvreté

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Les prix mondiaux des matières premières agricoles sont stables et devraient le rester en 2020. Les niveaux de production et les stocks de certaines denrées alimentaires de base avoisinent des records. Cependant, la Banque mondiale met en garde contre les risques importants qui pèsent sur ces prévisions.

L’incertitude quant à la durée et à la gravité du Covid-19, l’évolution des prix de l’énergie et des engrais, les fluctuations monétaires, les changements apportés aux politiques commerciales et de soutien interne ainsi que les éventuelles perturbations des chaînes d’approvisionnement mondiales peuvent impacter négativement sur cette perspective.
L’atténuation de ces risques nécessite une action concertée.

La Banque mondiale s’est jointe aux ministres de l’agriculture du G20 et a appelé les décideurs politiques à s’abstenir d’imposer des restrictions à l’exportation. Selon l’Organisation des Nations-unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), 820 millions d’individus souffraient déjà de sous-alimentation avant la crise actuelle. 135 millions souffraient d’insécurité alimentaire aiguë. La baisse des revenus consécutive à la pandémie oblige de plus en plus de personnes à sauter des repas. Cette aggravation de la malnutrition aura des répercussions durables sur le capital humain, en particulier chez les enfants.

En raison non seulement des conséquences du coronavirus, mais aussi des ravageurs et des maladies animales (criquets, peste porcine africaine…) ainsi que des sécheresses, le Programme alimentaire mondial (PAM) prévoit un doublement des cas d’insécurité alimentaire aiguë d’ici la fin de l’année. Pour comprendre l’ampleur du défi, nous devons observer la chaîne d’approvisionnement alimentaire et évaluer les contraintes au niveau national et local. Les agriculteurs doivent pouvoir planter et récolter. Ils doivent avoir accès à des intrants comme les engrais et les semences, et avoir les moyens de se les procurer. Les produits agricoles doivent atteindre les marchés. Le transport des denrées alimentaires doit devenir prioritaire pour surmonter les contraintes du confinement.

Il importe non seulement d’assurer l’accès des populations aux denrées alimentaires de base, mais aussi de veiller à ce qu’elles aient les moyens de les acheter. En moyen, la nourriture constitue 60 % des dépenses des ménages dans les pays à faible revenu. La récession économique et la perte des moyens de subsistance érodent rapidement la sécurité alimentaire de millions de personnes, surtout lorsque les prix des denrées alimentaires augmentent. La Banque mondiale estime que 40 à 60 millions de personnes supplémentaires basculeront dans l’extrême pauvreté au cours des prochains mois, en fonction de l’ampleur du choc économique.

Par conséquent, des dispositifs de protection sociale pour les plus pauvres et les plus vulnérables sont nécessaires dans l’immédiat et pour la suite des mesures d’aide d’urgence contre la pandémie. L’enjeu est de procurer de l’argent aux ménages pour qu’ils ne souffrent pas de la faim, et de veiller à maintenir la libre circulation des denrées alimentaires.

Bin Saleh

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