Le procès de Constant Mutamba, ministre de la Justice, s’est poursuivi ce lundi devant la Cour de cassation. L’audience du jour, très attendue, a surtout révélé des dysfonctionnements dans la convocation des témoins et des tensions croissantes entre les différentes parties.
Dès l’ouverture, la défense a dénoncé l’absence de la majorité des témoins qu’elle avait sollicités, dont la Première ministre Judith Suminwa, l’ancien Inspecteur général Jules Alingete, l’ex-ministre Rose Mutombo et plusieurs hauts fonctionnaires. Selon l’équipe de Mutamba, ces absences s’expliqueraient par le fait que les citations n’ont pas été envoyées à temps.
Face à cette situation, la Cour a tranché : tous les témoins devront comparaître ensemble lors de la prochaine audience prévue le mercredi 6 août à 10h, sans qu’aucune nouvelle citation ne soit émise. Une décision saluée par la défense, qui réclamait l’égalité des armes.
Sur le fond, deux experts ont été entendus. D’abord Christian Kalume, représentant de l’ARMP, a expliqué les règles encadrant les marchés publics. Il a rappelé qu’un contrat peut être validé tacitement après dix jours sans réponse de l’autorité compétente, mais a insisté sur le fait qu’un paiement supérieur à 30 % sans exécution physique constitue une irrégularité.
Ensuite, Fayi Login, du ministère des Infrastructures, a confirmé qu’un projet d’infrastructure peut être légalement signé par un autre ministère, à condition qu’il soit validé en conseil des ministres, comme ce fut le cas pour le projet de prison à Saké.
Pour sa part, Mutamba a rejeté toute accusation, dénonçant ce qu’il qualifie de « complot planifié ». Il a déclaré, avec fermeté :
« Je ne suis pas ici pour recevoir des menaces. Ce procès est téléguidé et je suis prêt à tout assumer. »
En parallèle, l’ACAJ (Association congolaise pour l’accès à la justice) a exprimé son inquiétude. Elle reproche à la Cour le rejet systématique des exceptions soulevées par la défense sans réelle motivation, estimant que cela porte atteinte à la présomption d’innocence et à l’équité du procès.
La prochaine audience, prévue dans deux jours, s’annonce décisive. L’ensemble des témoins cités par la défense sont attendus, dans un climat tendu où les enjeux politiques et judiciaires semblent de plus en plus entremêlés.
Elie Ngandu


