Depuis plus de deux ans, l’Église Évangélique Libre d’Afrique (EELDA) traverse une crise interne qui fragilise sa structure et divise ses fidèles. À Mbuji-mayi, chef-lieu de la province du Kasaï Oriental, l’Assemblée centrale est devenue un lieu de tensions, où la prière et la foi sont éclipsées par des affrontements incessants.
Ce dimanche 24 août 2025, la situation a atteint un nouveau seuil de violence. En plein culte, des fidèles se réclamant du camp Kabeya ont affronté les partisans de Romain Tshiunza.
Des coups ont été échangés, des bancs renversés, et des objets lancés dans tous les sens. Le jeune homme présenté dans une vidéo virale comme pasteur d’une assemblée a été blessé par balle, suscitant l’indignation parmi les participants.
La bagarre a nécessité l’intervention des forces de l’ordre, qui ont tenté de séparer les deux camps. Malgré cette présence policière, le chaos a duré plusieurs minutes, perturbant totalement le culte et effrayant les fidèles.
Cette rivalité n’est pas nouvelle. Lorsque Jean Crispin Tshitundu Kazuluka avait été écarté dans le passé, il avait été humilié publiquement pour céder la place à Jean Kabeya, alors apôtre de l’assemblée.
Aujourd’hui, Kabeya et son ancien allié Romain Tshiunza sont devenus ennemis jurés. La justice a officiellement reconnu Tshiunza comme dirigeant légitime, mais les fidèles de Kabeya parlent d’instrumentalisation du droit, et ses partisans dénoncent la mauvaise gestion du camp rival.
« C’est une décision de justice qui a autorisé Romain Tshiunza de prendre les commandes de l’église. Mais comme monsieur Jean Kabeya se considère de la famille présidentielle, il envoie ses fanatiques pour qu’ils créent du désordre afin que l’État ferme l’église. Comme lui est perdant, tout le monde doit perdre », a confié un fidèle.
Les divisions s’étendent à toutes les autres assemblées du pays. Les pasteurs sont eux-mêmes partagés entre loyauté à Tshiunza ou à Kabeya, ce qui laisse les fidèles désorientés et fragilisés.
Ce triste spectacle illustre bien le proverbe biblique : « Tout royaume divisé contre lui-même est dévasté » (Matthieu 12:25). Aujourd’hui, les fidèles paient le prix des ambitions et des rancunes des dirigeants, au lieu de recevoir guidance et protection spirituelle.
Face à cette impasse, certains observateurs estiment que l’État pourrait envisager la suspension temporaire des activités de l’assemblée centrale. Non pas pour punir l’église, mais pour rétablir l’ordre, protéger les fidèles et permettre un dialogue pacifique entre les deux camps.
Si rien n’est fait, l’EELD’A risque de s’effondrer sous le poids de ses divisions. Et ce ne seront pas les pasteurs en conflit qui en paieront le prix, mais les brebis, scandalisées, blessées et désorientées.
Elie Ngandu


