Le président du parti Alliance pour le changement, Jean-Marc Kabund, a lancé un message fort à l’endroit du pouvoir en place. Dans une déclaration publique, il s’est montré très critique face à la gestion de l’agression que subit la République démocratique du Congo, particulièrement dans sa partie Est.
Dans un ton grave, Kabund alerte sur la situation sécuritaire du pays. Pour lui, l’heure n’est plus à l’inaction. Il estime que le régime actuel, au lieu de faire face à l’ennemi, s’est enfermé dans une logique de distraction et de flatterie.
Ancien premier vice-président de l’Assemblée nationale, Kabund a longtemps été une figure de premier plan au sein de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS). Mais aujourd’hui, il accuse l’ancien camp présidentiel d’avoir érigé un système de prédation qui affaiblit l’État.
« Ce n’est pas la force du Rwanda qui nous asservit mais bien le système de prédation érigé en RDC qui nous a rendus faible », dénonce-t-il.
Celui qui fut aussi l’un des plus proches collaborateurs de Félix Tshisekedi s’adresse directement au chef de l’État. Il l’invite à prendre conscience du danger qui guette le pays et à ne plus se laisser distraire par les discours trompeurs de son entourage.
« Ce n’est ni le moment de prêter oreille aux tambourinaires et aux chants de sirène, ni de tergiverser », avertit Kabund.
Selon lui, la balkanisation du pays n’est plus une menace lointaine. Elle est proche, et si rien n’est fait, l’irréparable risque d’arriver. Et dans ce cas, insiste Kabund, le président Tshisekedi portera seul la responsabilité devant l’Histoire.
« Nous lui disons qu’il sera le seul à porter la responsabilité devant l’Histoire si l’irréparable arrivait à notre pays ».
Face à cette crise, Kabund appelle à un réveil collectif. Il invite les forces politiques et sociales à se mobiliser pour défendre l’intégrité territoriale du pays au-delà des clivages.
Reste à savoir si Félix Tshisekedi saura écouter cet avertissement de l’un de ses anciens alliés les plus proches.
Elie Ngandu


