Assemblée nationale: l’insolente coalition FCC-CACH écrase l’opposition

Par
M. Jean Marc Kabund, Président a.i. de l’UDPS, pressenti au perchoir de l’Assemblée Nationale

Mardi 23 avril, ils seront potentiellement 485 à voter pour l’élection des membres du bureau définitif de l’assemblée nationale. Ainsi en a décidé la coalition FCC-CACH. Les 15 nouveaux députés élus de Yumbi, Beni ville, Beni territoire et Butembo seront exclus de ce scrutin. Tels des pestiferés, poursuivis comme des mouches par les massacres, maladie à virus ebola…., ces députés devront regarder de loin leurs collègues accomplir cet exercice, semble-t-il, démocratique. L’opposition aura bataillé dur pour faire valider leurs pouvoirs, mais rien n’y fait. La majorité ne veut pas d’eux pour le moment dans la salle de congrès du palais du peuple. Leur présence générait les calculs de la majorité qui ne tient pas à octroyer deux postes à l’opposition sur les sept du bureau définitif de la chambre basse du parlement.
Mardi 23 avril, le poste de rapporteur adjoint «offert» à l’opposition ne sera pas pourvu. La seule candidature y enregistrée, celle de Albert Fabrice Puela de la Dynamique de l’opposition, a été finalement retirée.
Tout est donc en place pour la mise sur orbite d’un bureau monocolore à l’assemblée nationale. Si Jeanine Mabunda Lioko (Pprd/FCC) l’emporte sur Henri-Thomas Lokondo (indépendant mais élu Palu & Alliés) la suprématie de la coalition FCC-CACH va s’affirmer davantage. Le FCC a même eu la gentillesse, disons l’élégance politique de laisser à l’Udps/Tshisekedi, le poste de premier vice-président. Faute de concurrent et à moins d’un cataclysme inimaginable, Jean Marc Kabund est assuré de l’emporter. Faute également de concurrents, les autres candidats FCC aux autres postes (deuxième vice-président, rapporteur, questeur et questeur adjoint) sont assurés d’être élus.
Ainsi va la vie? La vie, tout court ou la vie politique? En tous les cas, rien ne semble arrêter la boulimie du pouvoir du FCC. Et, pour leur laisser une marge de manoeuvre encore plus importante pour ne pas dire insolente, l’opposition a décidé de ne briguer aucun poste dans les bureaux des commissions permanentes de l’assemblée nationale. Il y en a dix au total, les commissions permanentes.
La législature actuelle part donc sur des bases difficiles à cerner. Tout donne à penser que le FCC tient à tout contrôler. Il est en train de tout verrouiller pour ne pas être surpris. Surpris par quoi du reste?
Le FCC est certes dans une coalition avec CACH, mais préfère avoir des cartouches en réserve, au cas où un sérieux couac survenait dans le deal, si deal il y a.
Ce qui se passe aujourd’hui dans la composition du bureau définitif de l’assemblée nationale, sera sans aucun doute réédité lors de l’élection du bureau définitif du sénat. Le FCC y est largement majoritaire et devrait, sans difficulté, y imposer sa loi. L’Udps ou l’UNC pourraient bénéficier des largesses de la famille politique contrôlée de main de maître par Joseph Kabila, lui-même sénateur à vie.
En ce dimanche de pâques,on dit quoi alors? Rien. Circulez, il n’y a rien à voir au palais du peuple. Tout va bien. Mabunda, Kabund, Balamage, Musao, Alfani, Unyon sont déjà quasiment sur orbite. Il semble que c’est la loi de la majorité. Elle doit jouer. Jusqu’au bout et même de façon insolente. L’opposition n’a qu’à pleurer. Ses larmes ne vont nullement remplir une cuillerée à soupe. Or, il en faut plus pour faire bouger les lignes. Dire que cela va durer, potentiellement, cinq ans.
FMK

Commenter

Your email address will not be published.

Résoudre : *
36 ⁄ 18 =


Ça Pourrait Vous Intéresser