Bureau définitif de l’assemblée nationale : difficile gestion des ambitions pour le FCC, CACH et l’opposition

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Adopté le 22 mars par la plénière, le règlement intérieur de l’assemblée nationale a été déposé le samedi 23 mars à la cour constitutionnelle pour contrôle de sa conformité à la constitution. La haute cour qui ploie déjà sous un monceau de requêtes en contestation des résultats des élections législatives, devra se prononcer dans les 15 jours sur ce texte (article 112 de la constitution).

Les juges de la haute cour devront rendre leur arrêt au plus tard le 07 avril prochain. Passé ce délai, le règlement intérieur est réputé conforme à la constitution et mis en œuvre. On croise les doigts et on espère que les 9 juges de la haute cour éviteront au pays de vivre une première en la matière.

Dès la mise en application du règlement intérieur, le bureau provisoire de l’assemblée nationale n’aura que cinq jours pour organiser et installer le bureau définitif de l’institution, soit le 12 avril au plus tard. Des conciliabules doivent se dérouler pour arriver à un consensus sur la composition du bureau qui doit, selon le règlement intérieur, tenir compte de la configuration politique de l’assemblée, de la représentation de la femme et des provinces. Pour ce faire, il faudra que les groupes parlementaires se constituent. Un groupe parlementaire doit compter au minimum 25 députés. Chaque groupe parlementaire devra ensuite faire officiellement acte d’appartenance à la majorité ou à l’opposition.

Rude bataille en perspective

Des sources concordantes font valoir que des discussions informelles auraient déjà commencé pour le partage des 7 postes du bureau définitif de l’assemblée nationale. Il est établi d’emblée qu’il sera impossible de satisfaire toutes les 26 provinces du pays, le bureau ne comptant que 7 membres. Il est tout de même possible de se conformer aux autres dispositions légales et réglementaires, notamment la représentation de la femme et de l’opposition. Une règle non écrite considérée comme une tradition voudrait que l’opposition bénéficie de deux postes au moins au bureau de l’assemblée nationale.

Selon des indiscrétions de couloir, le MLC de Jean-Pierre Bemba pourrait arracher un poste tout comme « Ensemble » de Moïse Katumbi.  La bataille sera tout de même dure dans les deux camps. Au niveau du FCC, il faudrait faire de la place à l’UDPS/Tshisekedi, nouvelle alliée dans la coalition qui doit diriger le pays.

C’est le Palu de feu Antoine Gizenga qui pourrait faire les frais de cette nouvelle alliance politique.  Avec l’effritement du nombre de ses députés nationaux, le Parti lumumbiste unifié pourrait ne pas avoir de représentant au sein du bureau définitif de la chambre basse, le FCC devant gérer, au mieux des intérêts de toutes ses tentacules, les cinq postes devant revenir à la majorité.

Des indiscrétions laissent entendre que le PPRD revendiquerait au moins deux postes dont celui de président. Evariste Boshab serait, selon de nombreuses sources, sur la bonne voie pour revenir au perchoir de l’assemblée nationale. C’est lui qui a dirigé de main de maître les travaux de la commission chargée d’élaborer le projet de règlement intérieur. On dit de lui qu’il s’st bonifié et qu’il serait devenu plus conciliant dans ses prises de position sans toutefois trahir les grands principes de sa famille politique.

Des indiscrétions laissent penser également que le speaker sortant de la chambre basse, Aubin Minaku, serait, lui aussi, intéressé par le poste. Tout devrait se jouer par un savant dosage dans la gestion des ambitions des uns et des autres. Tous comptes faits, il ne serait pas politiquement sage, conseillent de nombreux observateurs, de confier les perchoirs de l’assemblée nationale et du sénat, à un même groupe géopolitique. L’autorité morale du FCC aura donc fort à faire pour contenter tout le monde. Et, ce ne sont pas les ambitieux qui manquent.

UDPS, opposition et la femme aussi

Le FCC devra aussi faire de la place à l’UDPS où Jean-Marc Kabund afficherait des ambitions légitimes de siéger au bureau de l’assemblée nationale. Ce serait un véritable bond pour lui, qui vient juste d’être élu pour la première fois comme député national. Secrétaire général du parti de la 11ème rue Limete, bombardé président intérimaire de l’UDPS à la suite de l’élection de Félix Tshisekedi à la magistrature suprême, Kabund semble avoir un appétit vorace pour s’installer dans les hautes sphères du pouvoir.

Dans l’opposition, bien d’observateurs estiment que Christophe Lutundula de « Ensemble » et Jacques Djoli du MLC sont bien positionnés pour prendre les deux postes qui devraient, en principe, être réservés à l’opposition. Brillants juristes, ils ont participé activement aux travaux de la commission Boshab sur le règlement intérieur.

Quant à la représentation de la femme au bureau définitif de l’assemblée nationale, il faudra également jouer des coudes pour prendre l’unique poste qui pourrait être réservé aux dames, à moins que le FCC décide de faire plus et mieux. Des sources font savoir que Geneviève Inagosi et Marie-Ange Lukiana seraient sur les starting-blocks. Les deux dames pointées ont, elles aussi, participé activement aux travaux de la commission Boshab, où Geneviève Inagosi a du reste occupé les fonctions de 2ème vice-présidente.  

La gestion des ambitions devra aussi concerner la désignation des membres des bureaux des 1à commissions permanentes de la chambre basse dont les plus convoitées, la politique, administrative et juridique (PAJ) et l’économique, financière et contrôle budgétaire (ECOFIN).

Mona Kumbu

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