Chienlit au Sankuru : pas loin de la cour du roi Pétaud

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Lambert Mende, candidat unique validé par la CENI (Photo Habari RDC)

Ce qui se passe au Sankuru pour l’élection du gouverneur de province risque de faire passer la RDC pour la cour du roi Pétaud. Chaque institution y prend des décisions à sa guise. 

Acte 1 : Lors du dépôt des candidatures au gouvernorat de province du Sankuru, la Ceni avait retenu les candidatures de Joseph Mukumadi et Lambert Mende. 

Acte 2 : Sur requête de Lambert Mende, la cour d’appel du Sankuru avait cassé la liste Ceni et retenu la seule candidature de Lambert Mende sous prétexte que Mukumadi possédait une double nationalité ( ?). 

Acte 3 : Non satisfait de son exclusion, Joseph Mukumadi est allé en appel au conseil d’Etat, qui l’a réhabilité et ordonné à la Ceni de le reprendre sur la liste des candidats. 

Acte 4 : Le tout puissant Corneille Nangaa et sa centrale électorale plus qu’indépendante a refusé d’obtempérer à cette injonction du conseil d’Etat coulé sous forme d’un arrêt, mais n’a pas organisé d’élection mercredi 10 avril au Sankuru, donnant faussement l’impression de reculer face au conseil d’Etat.

Acte 5 : Le président de la République convoque le conseil supérieur de la magistrature pour s’enquérir de la situation. Surprise, le conseil supérieur de la magistrature casse ( ?) à son tour l’arrêt du conseil d’Etat, donnant ainsi raison à la Ceni.

Acte 6 : La Ceni convoque les grands électeurs du Sankuru pour l’élection à candidature unique pour le gouvernorat de province samedi 13 avril.

Acte 7 : Les députés provinciaux du Sankuru refusent de siéger dans une plénière où seule la candidature de Lambert Mende est en lice. Cela ne donne aucun gage de démocratie, font-ils savoir en substance.

On nage là en pleine république bananière, diraient certains, tant chacun semble tirer la couverture de son côté, laissant les Sankurois sans voix. Et des questions qui turlupinent les méninges des bien-pensants. Pourquoi tant de désordres ? Pourquoi la cour d’appel et le conseil d’Etat se contredisent-ils sur cette question ? Le conseil d’Etat a-t-il le droit d’intervenir en matière du contentieux des listes des candidatures à l’élection des gouverneurs ? Le conseil supérieur de la magistrature a-t-il compétence pour casser un arrêt du conseil d’Etat ? Pourquoi veut-on offrir à un candidat unique, une victoire sans concurrent ? Mende a-t-il vraiment besoin de vaincre sans péril et donc de triompher sans gloire ?

FMK

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