Confinement total : des Kinois démunis angoissés

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Du samedi 28 mars au mardi 31 mars, les Kinois vont expérimenter une première dans l’histoire de leur ville : le confinement total. Une épreuve difficile pour 12 millions de personnes. Ainsi en ont décidé les autorités de la ville pour faire appliquer les mesures relatives à l’état d’urgence décrété par le président de la République.

Ces quatre jours de confinement seront également mis à profit pour débusquer les personnes contaminées par le coronavirus, mais qui se cachent dans la tentaculaire ville de Kinshasa et se soignent comme elles peuvent tout en contaminant d’autres personnes.
Déjà hier soir et tôt aujourd’hui, des Kinois qui en ont la possibilité ont envahi marchés, supermarchés, boutiques pour s’approvisionner en denrées alimentaires et autres biens de première nécessité afin de faire face au confinement total.
Pendant que certains privilégiés constituent des stocks pour les prochains jours, d’autres sont encore à la recherche de la pitance pour la journée d’aujourd’hui. Comment vont-ils alors s’en sortir pendant les quatre prochains jours.

Nombreux sont ceux qui se confient à Dieu, espérant un miracle de dernière minute. « J’ai des petits enfants chez moi, mais je n’ai aucune provision. Et, je n’ai rien sur moi pour faire des provisions. Bien plus, les prix des denrées ont fortement augmenté sur le marché. Je ne sais ce que je vais devenir avec mes enfants. Pire, il est 13 heures, il n’y a toujours pas de perspectives que mon salaire me soit versé aujourd’hui. Dieu seul peut me sauver et sauver ma famille », a fait savoir à Lisapo.info un agent d’une grande administration du pays. Si un salarié est dans une situation si précaire, qu’en est il des millions de Kinois qui sont dans la débrouille quotidienne et qui ne pourront pas se ravitailler durant les quatre jours de confinement.

Du coup, la toile flambe de commentaires acérés sur cette décision de confiner 12 millions de personnes sans des mesures sociales d’encadrement en amont. Certains craignent que la ville ne se retrouve avec des émeutes de la faim. Les uns font grief aux autorités pour l’impréparation de la décision de confinement ; les autres estiment qu’il s’agit là d’un mal nécessaire face à la propagation du covid19 et à l’irresponsabilité des Kinois. On rappelle que Dr Muyembe a prédit jusqu’à 75.000 cas de contamination au covid19 si des mesures adéquates ne sont pas prises.

On se trouve fatalement face à une équation difficile. Prendre en compte la vie au jour le jour des Kinois et donc les exposer davantage au danger de contamination au covid19, ou les confiner chez eux pour leur éviter une contamination à grande échelle aux conséquences sociales possibles négatives.

Les sceptiques sur l’efficacité d’un confinement intermittent estiment que le gouverneur de la ville aurait dû décréter un confinement total et strict d’au moins une semaine et réexaminer la situation pour la suite. Ils craignent que les deux jours «ouvrables» prévus après le confinement total conduisent à une véritable pagaille avec des attroupements monstres devant les commerces et les banques avec risque de contamination à grande échelle, annihilant ainsi le gain escompté des quatre jours de confinement.
Wait and see.

Mona Kumbu

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