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Confinement total ou partiel : la faim est l'inquiétude numéro 1 des Kinois

Au moment où le gouvernement s’apprêterait à prendre des mesures de confinement pour juguler la propagation du coronavirus, l’anxiété gagne de nombreuses familles à Kinshasa qui vivent au jour le jour. Entre les conséquences du Covid-19 et les conséquences de la faim, qu’est-ce-qu’il faut craindre le plus? Lisapo a posé cette question à un échantillon de vingt Kinois. Il en ressort que douze (60%) d’entre-eux redoutent plus les conséquences de la faim pendant le confinement contre cinq (25%) qui s’inquiètent le plus de celles de la pandémie. Trois (15%) sont restés particulièrement réservés face à cette situation, appelant à la responsabilité du gouvernement.

“Le taux de mortalité dû au Covid-19 étant faible même en Europe où le pic d’âge est au-dessus de 50 ans, il est certain que chez nous, on aura plus de morts de faim que de la pandémie”, explique Jean-Paul Ngonda rejoint par Michel Nassar : “Le Covid-19 peut disparaître sans médicament dans le corps humain, mais jamais la faim sans nourriture. C’est même interdit de prendre des médicaments sans avoir mangé”. Par contre, étant de ceux qui redoutent le plus le Covid-19, Alpha Muyoko déclare : ” nous sommes habitués aux conséquences de la faim qui n’est pas contagieuse, alors que le pays risque de se vider de ses habitants avec cette pandémie”.

Entre les deux thèses opposées, Matondo Nsumbu est de ceux qui renvoient la balle aux autorités du pays. ” Le gouvernement peut nourrir la population. Mais, la population ne peut pas guérir du coronavirus jusqu’ici. Que l’on applique donc la solution faisable, celle de nourrir la population. S’ils sont capables ni de l’une ni de l’autre, qu’ils démissionnent”, martèle-t-il.

Au tour du premier ministre, quelques membres du gouvernement et représentants de la Présidence de la République multiplient des réunions ces derniers jours pour trouver un mécanisme d’approvisionnement du pays afin d’éviter la rupture des stocks des denrées de première nécessité particulièrement à Kinshasa, foyer de l’épidémie. C’est ce qui retarderait les mesures de confinement.

Les premières mesures de confinement annoncées par le gouverneur de Kinshasa devaient normalement démarrer le 28 mars dernier. Mais celles-ci ont été annulées par le gouvernement central suite notamment aux débordements qu’elles ont occasionnés la veille dans les marchés et banques commerciales. Ce qui avait provoqué la hausse sensible des prix des denrées. Les Kinois, qui vivent au jour le jour, ne semblent toujours pas prêts à faire face à une prochaine mesure de confinement au moment où le pays a compté, au 1er avril, 123 cas confirmés pour 11 morts, selon les chiffres officiels.

SN

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