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Contrôle du pouvoir : Fatshi mène-t-il au score ?

Malgré les protestations véhémentes enregistrées, malgré le boycott des présidents du sénat et de l’assemblée nationale ainsi que du premier ministre, Félix Tshisekedi a tenu bon. Les trois nouveaux juges de la cour constitutionnelle qu’il avait nommés le 17 juillet dernier ont prêté serment. Dieudonné Kaluba, Kamulete Badibanga et Alphonsine Kalume vont devoir rejoindre les six autres membres de la haute cour. Cette dernière affiche complet. Et, l’on attend connaître avec impatience le nom du nouveau président de cette cour, qui est de droit également président du conseil supérieur de la magistrature.

En attendant de connaître la suite des événements avec la réplique du FCC, on va ergoter sur le sens réel ou caché de l’exubérante joie du président de la République au cours de la cérémonie de ce mercredi 21 octobre au palais du peuple. En faisant le «V» de la victoire à son entrée dans la salle de congrès du palais du peuple, le président a envoyé un message fort tant à ses partenaires du FCC qu’aux combattants de l’UDPS, sa base naturelle.

Félix Tshisekedi a sans doute voulu prouver à ses partenaires mais non moins adversaires politiques affichés qu’il a marqué un point important, qui va lourdement peser dans la balance pour les échéances de 2023. Quoi qu’on dise en effet, la nomination contestée de trois nouveaux juges ainsi que le boycott de leur prestation de serment par le FCC après moult tentatives d’empêcher la cérémonie sonnent comme une nouvelle étape dans les relations tendues des partenaires de la coalition FCC-CACH.

Si le FCC ne prend pas la lourde décision de rompre le deal qui le lie à CACH, il lui faudra des ressources nouvelles pour ne pas subir les uppercuts d’un Félix Tshisekedi, qui semble avoir pris de l’assurance, au point de ne plus accepter de se faire marcher sur les pieds.

FCC et CACH vont désormais batailler dur pour continuer à gérer conjointement tout en cherchant à prendre de l’avance l’un sur l’autre. Les dossiers ne manquent pas : les réformes électorales avec nécessité de révision de certaines dispositions de la constitution, le renouvellement des membres de la CENI et surtout la désignation de son président, la nomination du nouveau ministre de la justice en remplacement de Tunda ya Kasende, le remplacement de Jean-Marc Kabund au poste de premier vice-président de l’assemblée nationale.

Le FCC sait désormais qu’il ne lui sera pas facile d’imposer ses vues au partenaire, dont on disait qu’il était faible, totalement à la merci de Joseph Kabila. Les événements peuvent faire mentir les observateurs, mais force est de constater que Félix Tshisekedi a réussi un grand coup avec la recomposition de la cour constitutionnelle, de la cour de cassation et du conseil d’État. Lentement mais sûrement, il a tissé sa toile, même si le FCC contrôle encore bien des leviers du pouvoir réel. Il devrait naturellement s’en servir pour bloquer ou repousser aussi loin que possible l’élection du nouveau vice-président de l’assemblée nationale. Patricia Nseya devra donc attendre et certainement encore longtemps pour siéger à côté de Jeanine Mabunda au perchoir de la chambre basse du parlement.

La prochaine réunion du gouvernement sera l’occasion de détecter les signes de l’effritement d’une coalition bâtie sur du sable mouvant. On ne sait pas si Sylvestre Ilunga parviendra à sauver son fauteuil de premier ministre, le FCC étant tenté d’envoyer au gouvernement ses gros bras pour mieux tenir tête à un président de plus en plus offensif.

N’tombo Lukuti

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