Covid19 : les maisons closes n’ont pas fermé à Barumbu

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La covid19 sévit à Kinshasa depuis mars. Pour la combattre, le gouvernement a décidé de la fermeture des écoles et universités, des églises, des bars et restaurants et autres lieux de plaisir. Mieux, il a confiné le centre administratif et des affaires de la capitale, la commune de la Gombe. Pourtant, certaines “institutions” où s’exercent le plus vieux métier du monde font de la résistance. Immersion dans une maison close du quartier Bon-Marché.

Il est 2 heures du matin sur l’avenue flambeau, dans la commune de Barumbu. Un agent de la sécurité campe devant des portes supposées fermées de la maison G. Puis, un petit groupe se présente à l’entrée. L’accueil est chaleureux, accompagné de bises et accolades. Visiblement, ce sont des habitués des lieux.

A l’intérieur, rien n’est vraiment différent de la période avant les restrictions dues à l’épidémie due coronavirus. La musique est présente, le DJ est actif et les filles sont bien là. Même pendant le confinement, elles sont habillées de manière provocante. Aussi, tout est prévu pour accompagner ces moments magiques : cigarettes, alcools, chanvres.

Parmi les filles, il y a Prisca 24 ans et quatre année d’expérience derrière elle. Trait fin, silhouette appétissante, Prisca répond favorablement à la demande de Paty, un membre du groupe. “Les règles du jeux sont très simples”, dit-elle. En effet, le client est d’accord sur le montant à payer pour se “détendre” et règle aussi la facture de la chambre.

La clientèle toujours présente

Prisca donne le maximum de détails pour mettre son client en confiance. “Le prix des chambres oscillent entre 10 et 15 USD. La passe revient à 15 USD et une nuit entière à 25 USD. Tout cela est négociable, bien-sûr”. Et elle ne manque pas de signaler que c’est un tarif bas du fait du confinement. Paty se laisse tenter mais curieusement Prisca prétend qu’elle est indisponible. “J’ai mes règles”, murmure-t-elle à Paty. Mais, elle a une solution de rechange de peur de voir l’argent lui échappé. Elle se hâte de proposer sa soeur, Périane, 20 ans révolus. Et le deal se fait rapidement. Prisca lance un dernier clin d’oeil à Périane avant de s’éclipser. Ce soir, elle ne rentrera pas les poches vides.

Les va-et-vient dans cette maison close sont incessants. Un autre membre du groupe, lui, s’attache à une jeune étudiante. Elle vient se faire un peu d’argent avant la réouverture de son université. “La Fac me manque beaucoup”, confie-t-elle. Mais comme Prisca, elle n’hésite pas à proposer un prix d’amis et se rend de suite disponible. Cette nuit là, les chambres de fortune de la maison G. ne chômeront pas. Et, personne ne va respecter les mesures barrières.

Alors que l’Assemblée Nationale a prorogé pour la cinquième fois l’état d’urgence sanitaire, certaines mesures prise ne sont jamais respectées. Les maisons closes n’ont jamais vraiment fermées, comme exigé.

JW

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