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Des francs congolais vendus contre des francs congolais

Des « changeurs de monnaie » appelés communément et abusivement « cambistes » qui vendent, dans la rue, des francs congolais contre des dollars américains, des euros ou des francs cfa, ça n’étonne personne en RDC. Mais qu’ils commencent à vendre des francs congolais contre des francs congolais, on se pose des questions. Pourtant, c’est ce qui se passe à Kinshasa.
Dans certains carrefours très fréquentés, des « cambistes » d’un genre nouveau ont fait leur apparition. Ils ont sur eux des billets de 50, 100 et 200 FC, qu’ils vendent aux conducteurs de bus, taxi et taxi-bus. Pour 1000 Fc en billets de 1000 ou 500 FC, ils refilent 900 FC aux demandeurs. 100 FC de gagnés par transaction.
Ces « cambistes » qu’on trouve à Kintambo Magasins, Rond-point Ngaba, Kingasani ya suka, Lemba/Super…suppléent le manque de petites coupures, qui cause tant de désagrément et disputes entre clients et conducteurs de bus, taxi et taxi-bus. Pour une course qui coûte 200, 300 ou 1200 fc, les conducteurs doivent parfois descendre de leurs véhicules pour chercher la monnaie à retourner aux clients. Pour se sortir du pétrin, ils remettent parfois un billet pour deux ou trois clients qui descendent à un même arrêt. Et, à eux de se débrouiller pour trouver la petite monnaie.
Dans les supermarchés ou autres magasins, les caissiers ont depuis longtemps et faute de petites coupures, de remettre aux clients bonbons, chewing-gums, biscuits ou autres en guise de « monnaie » de retour.

Fini les engueulades

Fidèles à leur sens de la débrouille, des Kinois imaginatifs ont donc mis au point le phénomène « cambistes des francs congolais » pour résoudre les interminables disputes entre conducteurs de taxi, taxi-bus et bus et clients.

Selon les informations recueillies, ils s’approvisionnent en petites coupures de 50, 100 et 200 fc auprès de certains « changeurs de monnaie » et fournissent les chauffeurs des taxis et les convoyeurs des bus ou taxi-bus appelés « receveurs ». Ils ont même parfois des billets tout neufs, sortis fraichement des coffres des banques.
Un des « cambistes des francs congolais » rencontré sur terrain affirme faire un bénéfice moyen de 5000 fc par jour à condition que les intempéries ne viennent  pas se mêler à la fête. Il note toutefois que l’activité n’est pas des plus faciles à pratiquer. Outre qu’il faut connaître le circuit pour s’approvisionner en petites coupures auprès d’éventuels détenteurs, il faut aussi avoir une bonne condition physique. « On doit parfois rester débout durant des heures, se faufiler entre véhicules dans certains carrefours et faire vite pour conclure la transaction avec les chauffeurs ou les receveurs, sans compter que des policiers véreux peuvent surgir à tout moment et confisquer l’argent sous prétexte que c’est une activité illégale. C’est très stressant comme activité parce qu’on est sur le qui-vive à tout instant », s’est plaint un « cambiste des francs congolais ».

Billets déchiquetés ?
On prend tout…
A côté de ces cambistes qui vendent des francs congolais contre des francs congolais, on trouve aussi de jeunes gens qui arpentent les rues, mégaphones à la main et proposant de reprendre des billets déchirés ou en lambeaux contre des billets en bon état, tout en prélevant une sorte de commission. « Nous prenons des francs congolais ou des dollars, déchirés ou en mauvais état », crient-ils avec leurs mégaphones. Pour un billet de 1000 fc déchiré et inacceptable chez les commerçants et autres vendeuses, ils remettent 800 fc. Pour un billet de 10 dollars américains déchiré, ils défalquent 1 dollar de « commission », mais ne remettent que l’équivalent du reste en francs congolais.
« Au lieu de tout perdre, on recourt à ces jeunes gens, qui nous facilitent ainsi la tâche puisque les changeurs de monnaie n’acceptent pas les dollars déchirés », explique une dame surprise en pleine opération.
Bin Saleh

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