Dossier 100 jours : rude confrontation entre Bitakwira et Kamerhe

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L’ancien ministre de Développement rural, Justin Bitakwira, a été entendu ce lundi 3 juin au parquet. Et ce, comme renseignant dans l’affaire opposant le ministère public contre Vital Kamerhe et consorts. Dans le cadre de l’acquisition des maisons préfabriquées inscrites au programme d’urgence de cent jours du président de la République.

Cité par Vital Kamerhe comme signataire de ce contrat et de son avenant, Justin Bitakwira a indiqué n’avoir pas été associé dans le projet des cent jours. Encore moins informé de la sortie des 57 millions de dollars pour ces maisons préfabriquées.

“Le ministère du Développement rural n’a jamais été associé dans le projet de cent jours. Le 22 mai 2019, le directeur de cabinet me décharge pour envoyer ce projet à l’Urbanisme et Habitat. Le ministre de l’Urbanisme et Habitat a même signé un Arrêté quant à ce”.

A l’en croire, alors qu’il signait un avenant du contrat en avril 2019, il ignorait que les fonds pour ce projet étaient débloqués depuis le mois de mars de la même année. “J’ai tout appris en juillet 2019”, avoue-t-il. Tout en soulignant que la Direction générale de contrôle des marchés publics avait rejeté toutes les demandes de non objection, y compris l’avenant, le 26 juillet.

“Je suis devant un médecin qui a tué il y a deux mois et m’envoie chercher des produits à la pharmacie…”, caricature-t-il.

Bitakwira nie son implication, Kamerhe insiste

A son tour, Vital Kamerhe a qualifié de “mensongers” les propos de Justin Bitakwira. Selon lui, il n’a jamais été question de dessaisir le ministère du Développement rural du projet. Mais plutôt, poursuit-il, de confier la mission spécifique de localisation des sites. Et ce, pour l’installation de ces maisons au ministère ayant dans ses attributions l’Urbanisme.

Aussi, Vital Kamerhe a-t-il confirmé que six experts du ministère de Développement rural ont été associés dans les réunions à la présidence de la République pour le projet des 100 jours.

Le secrétaire général au Développement rural, Georges Koshi, également invité par le parquet, a reconnu avoir participé à la réunion à la présidence sur les questions d’approvisionnement en eau potable et de route de desserte agricole non prises en compte dans le programme d’urgence. Cela, parce qu’étant repris en annexe des membres de la commission d’Urbanisme et Habitat.

Un avenant au contrat jugé irrégulier

Un autre renseignant de taille, le directeur général a.i. de la Direction générale de contrôle des marchés publics (DGCMP). Il a confirmé avoir rejeté l’avenant car il était déjà signé au moment de sa soumission. Alors que dans l’usage, on propose un projet.

L’avenant n’est pas régulier, selon lui. Car son montant entraînait une majoration du contrat initial de 225%. Alors que l’article 53 de loi sur les marchés publics la limite à 15%. Par contre, la réduction du nombre de provinces était régulier, car sans incidence financière.

Le DG a.i. de la DGCMP affirme également n’avoir jamais reçu le contrat de l’entreprise Husmal qui installe 300 maisons préfabriquées au camp Tshatshi. ll précise n’avoir reçu qu’une lettre de la présidence signée par le directeur de cabinet, non accompagnée d’un projet de contrat.

Le dircab du chef de l’Etat avait sollicité l’avis de non objection pour la société Husmal. Mais les pièces demandées par le DGCMP n’ont jamais été fournies, selon le DG ai. Ce qu’a reconnu Vital Kamerhe, précisant avoir signé sur instruction du chef de l’Etat.

Après 9 heures d’une audience démarrée par un long compte-rendu des deux précédentes, le juge a renvoyé l’affaire pour ce jeudi 4 juin. D’autres témoins cités dans cette affaire sont attendus.

SN

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