L’accalmie espérée après les accords de Washington n’aura pas duré. À l’est de la RDC, les combats se poursuivent entre l’AFC-M23 et les forces armées congolaises. Sur le terrain, la situation reste tendue et l’avancée des rebelles inquiète.
Lors de son discours annuel à la Nation, le président Félix Tshisekedi a dénoncé une violation rapide des engagements pris. « Malgré notre bonne foi et l’accord récemment entériné, force est de constater que le Rwanda viole déjà ses engagements », a-t-il déclaré, visant Kigali.
Dans le Sud-Kivu, les affrontements se rapprochent de plusieurs localités. Des combats ont été signalés près de Luvungi, selon des sources militaires. Plus bas, à Sange, ces mêmes sources font état de bombardements ayant touché les abords de la cité.
De nombreux habitants avaient pourtant fui vers Sange pour chercher refuge. La ville se trouve à 34 kilomètres d’Uvira, dernier grand bastion des FARDC dans cette partie du territoire. Elle est désormais considérée comme la prochaine cible de l’AFC-M23.
À Uvira, l’inquiétude se renforce. Interrogé par TV5 Monde, les habitants ne savent plus quoi penser de l’évolution du front. « Nous avons entendu dire que l’AFC-M23 avance, mais nous ne savons pas exactement ce qu’il se passe », explique Jordan Mibulani, vendeur au marché.
Le Burundi, très impliqué dans la région, suit l’évolution des combats de près. Bujumbura affirme que sa frontière représente une limite à ne pas franchir. Des milliers de soldats burundais appuient les opérations pour contenir l’avancée des rebelles.
La tension est montée d’un cran après que des bombes ont touché la commune burundaise de Cibitoke, faisant deux blessés. Le ministre burundais des Affaires étrangères a prévenu que son pays « ne va pas tolérer » de nouvelles attaques et se réserve « le droit de poursuite ».
Elie Ndaya


