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Etat d’urgence sanitaire bientôt levé : attention danger

Après avoir été prorogé à six reprises par le parlement, l’état d’urgence sanitaire décrété le 24 mars par le président de la république ne sera sans doute plus prorogé.

La décision définitive revient au chef de l’Etat, qui pourrait informer le gouvernement de sa position lors du conseil des ministres de ce vendredi. La situation socio-économique ainsi qu’une forte poussée politique vont certainement contraindre le chef de l’Etat et le gouvernement à aller dans le sens de la fin de l’état d’urgence.

Le député national Jean-Pierre Lihau a anticipé en déposant hier une proposition de loi portant fin de l’état d’urgence, comme le recommande l’article 144 alinéa 6 de la constitution. Quand on a à l’esprit l’hostilité manifestée par de nombreux députés et sénateurs lors de l’examen du dernier projet de loi de prorogation de l’état d’urgence, on peut en déduire que la proposition de loi Lihau passera, quasiment, comme une lettre à la poste.

L’état d’urgence levé, plusieurs des mesures d’accompagnement de cette situation exceptionnelle due à l’apparition de la pandémie à coronavirus en RDC seront levées, notamment celles restreignant la circulation des personnes et la fermeture des frontières. Même si les mouvements des populations ont repris, presque en catimini, entre les provinces du pays, les vols des compagnies aériennes devraient, en principe, reprendre officiellement. Il est possible que les vols internationaux soient, eux aussi, autorisés à certaines conditions, comme l’ont fait plusieurs pays avant la RDC. Les vols en provenance des pays encore à haut risque ne pourraient naturellement pas être autorisés.

Vigilance

C’est aux autorités nationales de prendre des dispositions pratiques afin de protéger la population congolaise contre une nouvelle vague de contamination au covid-19 alors même que les mesures barrières sont de moins en moins observées par la population.

Les rassemblements des populations ont en effet repris de plus bel, comme on l’a constaté lors des marches organisées par l’Udps et Lamuka pour protester contre l’entérinement par l’assemblée nationale de la désignation de Ronsard Malonda comme représentant des confessions religieuses à la CENI et probable président de la centrale électorale.

Il y a de plus en plus foule lors des deuils organisés dans des résidences privées. Il y a également foule lors de la levée des corps dans différentes morgues. Des foules impressionnantes accompagnent aussi les corps aux cimetières. Alors que la mesure d’interdiction des rassemblements de plus de 20 personnes court toujours, des gens se retrouvent en masse pour célébrer des mariages civils ou coutumiers.

Aux arrêts de bus, dans les transports en commun, aux guichets des banques se retrouvent des foules. A part les supermarchés, très peu de commerces font respecter les mesures barrières. Dans les marchés, aux coins des rues, les dispositifs de lavage des mains y placés manquent d’eau et de savon. Quand il y en a, très peu de gens les utilisent. Quant au port aux masques ou cache-nez, comme aiment dire les Kinois, très peu en portent. Ceux qui les portent passent pour des extraterrestres.

Pourtant, les chiffres de contamination au coronavirus sont en expansion constante. Hier, le cumul depuis le 10 mars était de 8.199 cas positifs confirmés, dont 6.984 cas pour la seule ville de Kinshasa, où pourtant des gens continuent à nier l’existence même du coronavirus. Une vidéo a été postée il y a quelques jours où l’on voit des jeunes sautiller et chanter au cours d’une des dernières marches, chambrant le coronavirus qui n’existerait pas, selon eux.

La fin de l’état d’urgence sanitaire, en outre, va coïncider avec la « probable » réouverture des classes terminales du primaire et du secondaire. Par ailleurs, une année « blanche » n’est pas à l’ordre du jour au niveau de l’enseignement supérieur et universitaire où on compte également rouvrir les auditoires. Le retour des élèves et des étudiants dans les salles de classes va augmenter le nombre des clients dans les transports en commun avec bousculades et bus bondés. On devrait ainsi envisager la levée de la mesure de limitation des passagers dans les bus, taxis, taxis-bus et sur les motos-taxis, avec risque d’une contamination à grande échelle.

Comme toujours, les Congolais comptent sur l’apport du Très haut pour les épargner d’une hécatombe sanitaire, même s’ils ne sont pas convaincus, dans leur grande majorité, de l’existence du coronavirus en RDC. Sans doute que les chercheurs nous diront un jour si le virus a muté en arrivant en RDC, le rendant de fait moins virulent.

N’tombo Lukuti

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