F.Tshisekedi, 151 jours après: entre espoirs et inquiétudes

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Cela fait aujourd’hui cinq mois ou 151 jours exactement depuis que Félix Tshisekedi a prêté serment en tant que cinquième président de la RDC.

La passation qualifiée de «civilisée» du pouvoir est désormais à l’épreuve des réalisations concrètes. Certes, le gouvernement tarde à voir le jour, mais le chef de l’État n’a pas attendu que le premier ministre Sylvestre Ilunga Ilunkamba s’installe officiellement à la primature après le quitus de l’assemblée nationale pour se mettre au travail. Une tournée de plusieurs capitales africaines lui a permis de consolider sa reconnaissance internationale couplée à des relations plus apaisées avec l’Union européenne et un rééquilibrage de celles avec les USA et la Chine. 
Sur le plan interne, quelques promesses de son discours d’investiture ont déjà été concrétisées, notamment la libération des prisonniers politiques ou d’opinion. Même si des couacs ne manquent pas, les libertés de manifester et d’exprimer les opinions sont globalement respectées. Si de nouveaux thuriféraires ont vu le jour avec des associations bidon pour la gloire du président, il faut reconnaître que Félix Tshisekedi est loin de s’accomoder du culte de la personnalité. 
En attendant le programme du gouvernement, le président de la République a lancé des travaux d’aménagement, de construction ou de réhabilitation des infrastructures à travers le pays. 
C’est sur le plan social qu’il est pourtant le plus attendu. Des salaires impayés dans de nombreuses entreprises ou établissements publics ont amené les employés à revendiquer leurs droits, parfois très bruyamment. Quant aux agents et fonctionnaires de l’État, ils ont bénéficié d’une «petite» augmentation au mois d’avril dernier. Si cette augmentation de 20 000 à 40 000 fc est qualifiée d’acte de bonne foi, les agents et fonctionnaires attendent l’application effective du barème dit de «Mbudi» conclu sous le régime 1+4. Quinze ans déjà depuis que enseignants, infirmiers, policiers, soldats…attendent l’application de ce fameux barème qui voudrait que le moins bien payé se retrouve avec l’équivalent de 200$ comme salaire mensuel.
Les congolais espèrent en tout cas une gouvernance nouvelle du pays. L’espoir, dit on, est permis, les premiers pas du président allant globalement dans la bonne direction, même si beaucoup d’imperfections sont relevées. 
Il lui faudra aussi résoudre la question de l’insécurité dans le Nord et Sud Kivu et en Ituri et vaincre l’épidémie dela maladie à virus Ebola, qui sévit dans le Grand nord et en Ituri.
Il restera au président de préparer, déjà, les prochaines élections. Le renouvellement de la CENI s’annonce difficile, le président ayant un partenaire, le FCC, plutôt vorace. Dans la foulée du renouvellement complet de la CENI, il faudrait envisager la modification de la loi électorale pour en extirper des dispositions taillées à la mesure de l’ancienne majorité présidentielle muée en FCC. Il faudrait en outre envisager un renouvellement substantiel des membres de la cour constitutionnelle.
Reste que le deal Félix Tshisekedi – Joseph Kabila suscite des interrogations diverses, au point que le flou qui entoure ses termes non dévoilés provoque des réactions négatives même au sein de l’Udps. Cela est d’autant plus inquiétant que le FCC, partenaire de l’alternance, se montre trop combatif et trop présent.
FMK

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