Frais académiques à l’Université : arrêtons avec le populisme

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L’enchaînement des derniers événements à l’Université de Kinshasa devrait nous pousser à nous affranchir des idées populistes. La fixation des frais académiques ne devrait plus donner lieu à des empoignades entre ce qu’il convient de qualifier abusivement «partenaires». Une incongruité à l’université, suite logique de ce qui se fait aux niveaux primaire et secondaire.

L’État devrait se saisir de son pouvoir régalien pour mettre le holà à la chienlit. En fonction des besoins de chaque université et institut supérieur public, les frais seraient fixés en fonction des paramètres réels et non des émotions.
C’est ainsi qu’il faut en finir avec ce «taux populiste» de paiement des frais académiques à l’université, soit 920 FC pour 1$US. Pourquoi ne pas être réaliste en adoptant le taux de change du marché, soit 1700 FC pour 1$ US aujourd’hui? On peut fixer ces «frais académiques» à 250$/an (425 000 FC), ce qui ferait plus ou moins des recettes de 6.250.000 $US pour l’Unikin, si on prend un minimum de 25 000 étudiants pour la colline dite inspirée, mais qui l’est de moins en moins. Quand on sait que les étudiants paient divers autres frais parfois «fantaisistes» ( carte d’étudiant, frais de laboratoire, frais d’inscription et réinscription, frais d’organisation matérielle, achat syllabus et droit d’auteur, frais de dépôt des recours, frais des directeurs et lecteurs pour travaux de fin de cycle et mémoires, frais de dépôt de rapport de stage, des travaux de fin de cycle et mémoires, ….) on aura, plus ou moins, réglé le problème.

Encore faut-il que les étudiants acceptent cette évolution inéluctable. C’est tout de même mieux pour eux que ces suspensions intempestives des enseignements et l’allongement des années académiques, surtout à l’Unikin où les «grands» professeurs jouent aux abonnés absents dans les auditoires. Ils n’y vont parfois que pour présenter le plan du cours et laissent tout le travail à leurs assistants. Pendant que ces derniers assurent les enseignements, eux sont dans des cabinets politiques ou dans des universités privées où ils sont mieux rémunérés.

Arrêtons donc avec ce populisme qui ne profite à personne, sinon à quelques agitateurs professionnels déguisés en étudiants et qui souvent ne sont pas en règle avec l’université. Pour eux, que l’université soit fermée, cela ne les effraie nullement. Le sort de tout le monde, dit-on, n’est le sort de personne

Mona Kumbu

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