Kinshasa : entre chômage et covid19, Derrick raconte son quotidien!

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“On est lundi matin, un matin pour rien ! Dur de se lever en cette période de crise sanitaire et de saison sèche ! Je n’ai pas pu aller manger un bon ngulu (porc) à Kapela samedi soir dernier et un bon “Ngolo Moseka” dimanche après-midi. L’état d’urgence m’en empêche”, explique Derrick.

La vie de derrick, avant l’état d’urgence était déjà assez compliquée. Maintenant, c’est encore plus dur. Ces journées se suivent et se ressemblent. Il sort de son lit malgré lui. “Je me lève tôt non par ma volonté mais étant dans une cour commune, ce sont les bruits des voisins et vendeuse des pondus (feuilles de manioc), de pains ou autres bien qui m’oblige à me lever”.

Ce rituel, qu’il connait maintenant par coeur, se poursuit. Brosse à dent à la main, direction le caniveau devant la parcelle comme tous ses voisins pour faire sa toilette dentaire. En attendant que son tour arrive dans le kikoso (douche commune précaire).

” Que vais-je manger ?”, s’interroge ce jeune homme sans emploi, la vingtaine révolue. ” Heureusement pour moi, maman Marie est juste au coin de mon avenue avec son fameux “nkao” (mélange de spaghetti et de petits haricots)”, se rassure Derrick. Avec 500 fc ou 1 000fc, il peut se bourrer l’estomac et le tour est joué.

Voilà la journée sans activités de Derrick qui commence. Aucun programme, aucune activité, aucun “chida” (combine, ndlr). Alors, Derrick rejoint sa “base” d’amis au coin de chez lui. Là, il alimente les discussions sur le sport, la situation politique du pays notamment au sujet des retombées du procès 100 jours…. Sans oublier les femmes !

Et, sans y prêter gare, c’est déjà la fin de la journée. ” Je suis surpris de voir que le temps est vite passé”, s’étonne-t-il. Toutefois, Derrick essaie de rester positif et espère en des jours meilleurs.

Ludo Bopey

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