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Kinshasa : être locataire, une vie à la solde du bailleur !

« Locataire azali mohumbu te ! », entendez « le locataire n’est pas un esclave ! ». Cette phrase culte est répandue dans la bouche de plusieurs personnes qui louent des maisons à Kinshasa. Ils vivent un véritable calvaire sous le joug de leurs bailleurs.

À Kinshasa, la loi du propriétaire l’emporte sur le bien-être de ses locataires. « Nous vivons dans des conditions précaires pendant que le bailleur, lui, vit dans de bonnes conditions ». Ce cri de détresse est celui d’un habitant (locataire) dans la commune de Barumbu, fatigué du diktat lui imposé par son bailleur-propriétaire.

Ledit locataire loue une pièce de 10m2 communément appelé studio. « Nous sommes 8 locataires c’est-à-dire oui portes dans la cour et partageons une seule installation sanitaire (toilette et douche)” , affirme-t-il d’un air désespéré.  Et de poursuivre : « l’entretien des installations sanitaires se fait chaque jour moyennant un montant de 1000 francs congolais ». Selon son témoignage, le nettoyeur des toilettes est chargé aussi de vider les poubelles installées au-devant de chaque porte. 

Un robinet pour dix

Il n’y a pas d’eau dans les 8 logis. Tôt le matin, tous les locataires se ruent au robinet, le seul qui existe dans la parcelle pour s’approvisionner en eau. Vaisselles et lessives côtoient les seaux d’eau des gens pressés d’aller travailler car plusieurs familles résident dans cette « parcelle ».

Mis à part le robinet, la douche aussi a sa file d’attente. Certains n’hésitent pas à passer devant les autres, créant ainsi des disputes matinales. D’autres brandissent un droit d’ainesse pour passer devant tout le monde. « Quand je suis en retard, je supplie un voisin pour prendre sa place dans la file devant la douche », reconnaît Depasco, un pensionnaire dans ladite parcelle. 

Cette ambiance quotidienne ne cesse d’attiser les rivalités entre les résidants. « Il y a des filles qui traînent dans la douche » s’agacent Depasco. D’autres ne se gênent pas de crier sur celles et ceux qui semblent « prendre plaisir à se laver ». 

Les absents ont toujours tort

Dans le lot des problèmes, le plus important reste la pluie. Quand le ciel s’assombrit, tout le monde se précipite pour re-disposer les meubles et autres bien dans lesdits studios pour se protéger d’éventuelles fuites du toit ou d’une infiltration par la porte des eaux de pluie. Gare aux absents pendant une averse ! 

Toujours pendant une pluie, les sceaux et autres récipients sont placés à divers endroits de la parcelle où l’eau ruisselle du toit. « Cette situation ne date pas d’aujourd’hui et nous embarrasse au plus haut point », râle un des occupants. Il n’est pas le seul à s’en plaindre. D’autres, par contre, évoquent le manque d’engagement du propriétaire à mettre fin à cette situation. « On paie le loyer chaque fin du mois et rien n’est fait pour réparer la toiture. Pourtant, aucun retard de paiement n’est toléré », se plaint un des résidants. 

En fait, les principes de gestion de la parcelle est toujours à l’avantage du bailleur. Les loyers versés peuvent largement couvrir les frais de réparations de la toiture ou encore construire d’autres installations sanitaires. Mais le bailleur ne veut rien entendre. Il n’a qu’une seule et unique réponse  : toute réparation est à charge du locataire.  Les frais engagés par le locataire sont considérés par le bailleur comme des loyers anticipatifs. Ce qui suppose que les locataires doivent disposer de revenus supplémentaires pour continuellement  réaliser des réparations vu l’état de la maison. 

Aucun contrat signé

Ces règles sont fixés au gré des humeurs du bailleur. Chaque fois qu’un locataire se plaint, il n’hésite pas à lâcher : « celui qui n’est pas content n’a qu’à demander un préavis ». “Les candidats locataires se bousculent au portillon. C’est ce qui fait sa force d’ailleurs“, reconnaît Depasco.  « D’autres personnes sont prêts à verser une garantie pour vivre dans ces conditions. 

Aucun locataire n’a signé de contrat  de bail. « À chaque fois que nous posons la question, il nous dit que ce n’est pas encore prêt », révèlent Déborah, une jeune femme qui loue un studio avec deux amis copines de l’université. Pourtant, le contrat de bail est un document important que le bailleur ne se presse d’établir. Ses préoccupations sont manifestement ailleurs. 

DM

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