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Kinshasa : que reste-t-il de « Salongo », cette mesure de nettoyage hebdomadaire de la ville ? 

Chaque samedi de 7 heures à 10 heures du matin, les autorités urbaines de Kinshasa avaient décrété le service d’assainissement de la ville dénommé “Salongo”. Ce service implique tout le monde, en particulier ceux qui ont des activités économiques dans les marchés et rues de la capitale congolaise. 

Balayer, curer les caniveaux, vider les poubelles… résument cet exercice de chaque samedi où la police nationale est aussi mise à contribution pour veiller au respect de cette disposition. C’est-à-dire sanctionner ceux qui y dérogent en exerçant leurs activités économiques pendant les heures dites de Salongo durant lesquelles la plupart des boutiques, pharmacies, magasins, dépôts, étalages, cafétérias, cybercafés, débits de boissons, bars, terrasses, gargotes, etc. sont fermés.

Certaines personnes respectent ces dispositions et d’autres, non ! Ces dernières préfèrent tout simplement fermer leurs activités pendant toute l’avant-midi et n’ouvrir qu’après les heures de Salongo. Et comme toujours, chacun a ses raisons comme Éloïse, une pharmacienne de Bibwa qui fait savoir qu’elle n’a pas forcément besoin d’attendre samedi pour mettre de la propreté devant son établissement. ” C’est une disposition des autorités bien que je n’aie pas besoin de ce jour pour mettre de la propreté devant mon affaire. Je ferme, car c’est propre à chaque fois et j’évite les tracasseries policières”, soutient-elle.

“L’idée n’a jamais été mauvaise en soi, mais comme toujours, les abus ne manquent pas. Surtout du côté de ceux qui sont censés faire respecter ces mesures. Ils préfèrent collecter de l’argent entre 200 et 500 francs congolais en échange du Salongo”, s’inquiète pour sa part Jean Ricky tenancier d’une cabine téléphonique à Matonge, au centre de Kinshasa.

” Bizarrement, les agents de police exigent un payement ou quelques biens que vous vendez par exemple les pains si vous ne voulez pas faire du Salongo. Au cas contraire, ils réquisitionnent votre table et l’amène au commissariat. La dernière fois, ils ont interpellé pas la personne, mais le bassin des pains de ma voisine d’à-côtés “, dit (sourire) Blaise, vendeur d’accessoires des téléphones portables à Masina qui s’interroge si ” l’argent ou les biens donnés les sont en vertu de quoi puisque si je paie, la police ferme les yeux sur la saleté qui m’entoure”.

” Ils sont censés faire respecter ces mesures pour que nous gardions notre milieu de vie salubre. S’il faut payer pour qu’ils fassent en retour ce service de nettoyage, qu’ils nous le disent. Car, même après avoir mis de la propreté devant mon établissement, certains agents exigent des billets de banque”, s’exclame Motingea propriétaire d’un bar sur le boulevard Lumumba dans la commune de Ndjili. Il poursuit en disant : ” Savez-vous que si nous respections ce Salongo, nous n’aurions pas besoin de dépenser des millions sur le service Kinshasa Bopeto ? Il suffit juste que chacun nettoie chez lui et que l’État organise un système de gestion des déchets. Rien que ça, nous pourrons vivre dans la propreté, mais hélas, avec 200 ou 500 Francs, la police nous aide à sacrifier les autres dans l’insalubrité”.

De leur côté, les agents de police se sont abstenus de tout commentaire. “Nous ne faisons que faire respecter les dispositions prises par les autorités et rien de plus. Nous ne sommes pas dans la collecte des fonds en lieu et place d’encourager les kinois à rendre leur milieu propre”, a dit un agent d’un commissariat de Mikonga dans la banlieue Est de Kinshasa.

Des initiatives privées et singulières

Le Salongo est devenu une affaire des particuliers à des moments qui leurs plaisent. “Dans la plupart des cas, ce sont des individus qui veulent s’attirer une visibilité qui viennent avec des caméras et t-shirts pour un semblant de nettoyage”, ajoute Motingea, de Ndjili qui intervenait un peu tôt.

“Nous vivons dans des conditions inhumaines. Mais généralement, c’est tout simplement grâce à des initiatives privées des certains jeunes et leaders d’opinion que nous arrivons à réduire les immondices qui deviennent par moment ingérables”, révèle pour sa part, Marthe du marché Efobank à Nsele qui en appelle à l’implication des autorités publiques pour faire respecter le service Salongo comme auparavant.

Bahatiquement

 

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