L’éducation de nos petits, un véritable défi !

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A chaque nouvelle mandature, les promesses gouvernementales pleuvent et l’Administration s’ébroue. Les récentes communications du ministère de l’EPSP ne font pas exception. Mais que nous promet-on exactement? Une vraie remise en ordre de l’enseignement primaire congolais, celui que les parents d’élèves continuent d’attendre ?

On nous dit : « gratuité de l’éducation de base dès la rentrée scolaire 2019-2020 ». Oui, c’est capital, et si une seule réforme dans notre pays devrait être menée, c’est bien celle-là. Il en va des générations futures. Il s’agit de nos enfants ! Mais comment croire que cette nouvelle exhortation sera suivie d’effet ? Qu’on nous explique pourquoi et comment ce slogan affiché exactement dans les mêmes termes et avec la même emphase par les gouvernements précédents n’ait pas été suivis d’effet ! L’objectif est le même : la stratégie de mise en œuvre est identique. Les acteurs qui en sont chargés sont inchangés ! quel est le tour de passe-passe ?

L’éducation de base échappe aujourd’hui très largement au secteur public et fait les choux gras du privé. Les parents, entendez ceux qui en ont les moyens, se saignent à blanc pour garantir à leurs enfant un enseignement tout juste acceptable. Toutes les directives d’en haut n’y feront rien, car l’enseignement dans son ensemble est devenu un Business, hors de contrôle de l’administration publique. Celle-ci n’en a ni les moyens, encore moins la volonté. Les budgets sont insuffisants et le peu de crédits disponibilisés s’évapore tout au long des circuits administratifs : pour 100 dollars décaissés, combien arrivent aux écoles. Quelle part de ce qui arrive est-elle véritablement consacrée à la bonne cause ? Dès lors, on comprend aisément que pour fonctionner, payer l’entretien des locaux, les équipements, le mobilier, le personnel non pris en charge par le ministère ou si mal pris en charge, les écoles n’aient pas d’autre alternative que de mettre à contribution les parents qui, de leur côté, ne peuvent que subir.

La gratuité de l’éducation de base, enjeu de la décentralisation politico-administrative du Congo.

La solution ? Elle passe par la responsabilisation des parents, au sein des communautés de proximité. C’est eux et eux seuls qui détiennent la clé de la gratuité de l’enseignement primaire. Comment ?

La République Démocratique du Congo est un Etat décentralisé qui prévoit la dévolution de certaines compétences aux entités territoriales décentralisées que sont les provinces, et les secteurs/chefferies. Hélas, la RD Congo n’est décentralisée que dans les textes et rien n’a été mis en œuvre en pratique.
Cette réforme majeure, inscrite dans la Constitution de 2006 et ses textes législatifs subséquents, très largement encouragée par la société civile comme par les partenaires internationaux, depuis tout ce temps, n’a quasiment pas été mise en œuvre. Il semble cependant que seul un exécutif local, redevable devant les parents serait susceptible de garantir la mise en œuvre de la gratuité de l’enseignement primaire et du secondaire général. Cette recherche de proximité vis-à-vis de la population, qui avait été voulue par le Constituant pourrait être la stratégie à adopter, car comme le stipule l’article 204 de la Constitution, la compétence relative à « l’enseignement maternel, primaire, secondaire, professionnel et spécial ainsi que l’alphabétisation des citoyens conformément aux normes établies par le pouvoir central » n’est pas du ressort de l’Etat, mais dévolue aux provinces et devrait être exercée pour partie par les secteurs et chefferie.

A quand donc l’avènement de la décentralisation qui a fait couler tant de salive. Elle pourrait constituer le cadre institutionnel idéal de la mise en œuvre effective de la gratuité de l’éducation de base sur toute l’étendue du territoire. Messieurs les politiciens, gouvernants et parlementaires, vos mandants vous attendent !

Bobo

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