À Mbuji-mayi, le chantier de l’hôpital général de référence Saint-Jean-Baptiste de Kansele reste à l’arrêt depuis plusieurs mois. Situé à quelques mètres seulement des nouveaux bâtiments de l’Université Officielle de Mbuji-mayi, le site est devenu le symbole d’un projet ambitieux interrompu avant son terme.
Lancé dans le cadre du programme présidentiel de lutte contre la pauvreté, ce projet devait doter la capitale du Kasaï-Oriental d’un hôpital moderne de 200 lits, répartis dans une dizaine de bâtiments dont plusieurs en étage. Des travaux de grande ampleur avaient été engagés avec le soutien du Fonds de promotion de l’industrie, chargé du financement et du suivi.
En 2022, les ingénieurs parlaient déjà d’un taux d’exécution supérieur à 60 %. Des millions de dollars américains avaient été décaissés pour l’avancement des travaux, dans un ensemble de projets comprenant également d’autres infrastructures publiques à Mbuji-mayi. Mais depuis, le chantier n’a plus évolué.
Sur le terrain, les bâtiments inachevés témoignent de l’arrêt brutal des activités. Les structures en béton se détériorent peu à peu, et une partie du site est envahie par la végétation. Le manque de financement, les retards de décaissement et la faiblesse de la coordination entre les acteurs figurent parmi les causes les plus souvent évoquées.
Cette situation a des conséquences directes sur la prise en charge médicale. Plusieurs services fonctionnent dans des conditions précaires, parfois regroupés dans les anciens pavillons encore utilisables. Les patients, eux, attendent toujours la promesse d’un hôpital moderne et fonctionnel.
Aujourd’hui, les habitants de Mbuji-mayi s’interrogent sur le sort réservé à ce projet. Relancer les travaux, c’est non seulement sauver un investissement public important, mais aussi répondre à un besoin sanitaire urgent pour des milliers de familles. Construire sans achever, n’est-ce pas déjà commencer à détruire ?
Elie Ngandu


