Palais du peuple: la plénière se termine en queue de poisson

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Des députés en colère pour une motion refusée au député FCC Charles Naweji (Crédit Photo : Denise Dusauchoy)

C’est visiblement la saison des ratés en RDC. Hier, imbroglio à l’élection du gouverneur du Sankuru. Aujourd’hui, climat tendu au cours de la séance plénière de l’assemblée nationale. Des députés ont même failli en venir aux mains pour une motion refusée au député FCC Charles Naweji. Après avoir suspendu la séance pendant dix minutes pour calmer les esprits, le président du bureau provisoire, Pierre Maloka, a dû carrément suspendre la séance pour de bon et la renvoyer à mardi 16 avril à 15 heures.
A la base de cette nouvelle fausse note, la décision du bureau devant fixer le calendrier des élections des membres du bureau définitif de la chambre basse du parlement. Alors qu’il venait de passer la parole au secrétaire rapporteur du bureau, Pierre Maloka a vu deux députés FCC s’avancer vers la tribune. L’air menaçant, ils exigeaient de prendre la parole par motion. Imperturbable, le président a préféré plutôt ignorer cette motion pour privilégier la lecture de la décision sur le calendrier des élections. Bousculé, le secrétaire rapporteur n’a pu lire ladite décision, ce qui a conduit le président à suspendre la séance pour dix minutes. A la reprise, il accepte de passer la parole au FCC Charles Naweji pour présenter sa motion, mais ce dernier est empêché à son tour de parler par des députés de l’opposition. Confusion totale à la tribune. Des honorables députés s’invectivent, se tiennent par la manche de leurs vestes, se bousculent devant le public ébahi. Triste spectacle que le président du bureau provisoire interrompt par une forte charge du marteau, déclarant tout haut « la séance est suspendue», avant de quitter promptement la salle.
La situation ubuesque vécue au palais du peuple est la suite de l’échec des négociations entre la majorité et l’opposition sur la distribution des postes au bureau définitif. Le FCC-CACH veut six des sept postes, laissant à l’opposition le poste de rapporteur adjoint, au regard du poids politique de chaque famille politique. Il se fait qu’entre-temps les élections de Beni-Ville, Beni territoire et Butembo ont augmenté de quelques membres le poids numérique de l’opposition, qui devrait lui valoir au moins deux postes au bureau définitif. La motion FCC visait sans doute à bloquer la réouverture des négociations que suggère l’opposition.
Cette nouvelle législature nous réserve des choses. Pas toujours bonnes à voir et à entendre.
FMK

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