Port obligatoire du masque à Kinshasa : des enfants « arrêtés »

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Des policiers zélés ont entrepris, tôt ce matin, d’interpeller des Kinois non porteurs de masque. C’est ce qu’a constaté un reporter de Lisapo.info, particulièrement au sous-commissariat de la police au quartier La Source à Lemba/Terminus.

A son passage, six personnes étaient détenues dans ce sous-commissariat dans une sorte de pièce servant de « cachot ». Trop petite, les personnes y détenues ne pouvaient respecter les mesures de distanciation sociale édictées par les autorités sanitaires afin d’éviter la contamination au covid19.

Une dame trouvée sur place se plaignait de voir une de ses filles d’environ 12 ans y détenue. Malgré ses supplications pour voir sa fille libérée, il lui a été exigé de payer l’amende de 5.000 FC instituée par le gouverneur de la ville de Kinshasa. Une policière qui se montrait particulièrement verbalement agressive face aux lamentations de la dame ne portait curieusement pas elle-même un masque.

Plus loin, vers le Camp Mobutu à Lemba, un autre reporteur de Lisapo.info a vu des policiers interpeller des gens et les faire descendre d’un bus « Esprit de vie » au motif qu’ils ne portaient pas de masque.

D’un peu partout de la ville parviennent de récits de personnes en discussions vives avec des policiers, qui tentent de faire respecter la décision instituant, verbalement, le port obligatoire du masque dès ce mercredi 22 avril dans la ville de Kinshasa. On rappelle que cette décision s’accompagne de l’instauration d’une amende de 5.000 fc contre tout contrevenant à cette décision. Nombreux sont ceux qui s’interrogent sur la légalité de cette amende instituée verbalement par le gouverneur de la ville et mise en application alors qu’un arrêté en bonne et due forme devrait précéder l’exécution de cette mesure. Personne ne sait non plus si des agents de la Dgrad ont été déployés dans les nombreux sous-commissariats de la ville pour la perception de cette amende.

Sur Top Congo ce matin, le président de l’Association pour l’accès à la justice (ACAJ), Me Georges Kapiamba, a rappelé la nécessité pour les autorités urbaines de tenir compte des dispositions pertinentes de l’article 61 de la Constitution, qui interdisent des restrictions à certaines libertés fondamentales même en cas d’état d’urgence, notamment le principe de la légalité des infractions et des peines.

FMK

Article 61 de la Constitution : « En aucun cas, et même lorsque l’état de siège ou l’état d’urgence aura été proclamé conformément aux articles 85 et 86 de la présente Constitution, il ne peut être dérogé aux droits et principes fondamentaux énumérés ci-après :

  1. le droit à la vie ;
  2. l’interdiction de la torture et des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants ;
  3. l’interdiction de l’esclavage et de la servitude ;
  4. le principe de la légalité des infractions et des peines ;
  5. les droits de la défense et le droit de recours ;
  6. l’interdiction de l’emprisonnement pour dettes ;
  7. la liberté de pensée, de conscience et de religion. »

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