L’accord signé il y a plusieurs jours à Washington entre la République démocratique du Congo et le Rwanda suscite déjà des tensions. Ce vendredi 4 juillet 2025, le président rwandais Paul Kagame a tenu des propos controversés lors d’une conférence de presse à Kigali.
Alors que ce texte devait marquer une nouvelle ère de coopération, Kagame est revenu sur la situation politique en RDC. Il a notamment remis en cause la régularité du scrutin présidentiel de 2023 et la manière dont le pouvoir a été transféré à Félix Tshisekedi.
Le chef de l’État rwandais a affirmé que Tshisekedi n’avait pas réellement conquis le pouvoir par les urnes, laissant entendre qu’il aurait été désigné sans un processus démocratique crédible.
Paul Kagame est allé plus loin en évoquant l’ancien président Joseph Kabila. Il a estimé que ce dernier avait pensé faire une bonne affaire en facilitant cette transition.
Il a aussi mis en garde contre toute tentative de manipulation ou de non-respect de l’accord signé à Washington. « Si la partie avec laquelle nous traitons joue à des jeux… nous réglerons le problème », a-t-il déclaré, promettant une réaction ferme en cas de violation.
Ces propos tranchent avec le climat d’apaisement que cherchait à instaurer l’accord signé sous médiation américaine. Ce document vise à renforcer la paix entre les deux pays après des années de tensions dans la région.
Kagame a toutefois reconnu que la paix demande des efforts des deux côtés. Il a parlé de compromis à faire : « On n’obtient pas cent pour cent de ce que l’on veut, parce qu’il y a de nombreuses parties concernées par le problème. Chacune obtient une partie de ce qu’elle voulait, et la stabilité en découle », a-t-il expliqué.
Plus tôt cette semaine, la ministre congolaise des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, avait précisé que l’accord signé est principalement sécuritaire, et qu’il ne traite pas des questions économiques, contrairement à ce qu’affirme Kigali.
Cette différence de discours entre les deux capitales, peu de temps après la signature, laisse planer le doute sur la solidité de ce nouvel accord de paix.
Elie Ngandu


