Les travaux d’asphaltage et de bétonnage de l’avenue Kasavubu, sur le tronçon YMCA – Rond-point Victoire, se sont clôturés depuis la fin de l’année passée. La route est aujourd’hui fonctionnelle, après avoir été entièrement bétonnée. Mais sur le terrain, le constat est amer : à peine les engins partis, l’anarchie a repris ses droits.
Au Rond-point Victoire, pourtant l’un des carrefours les plus fréquentés de Kinshasa, le désordre est saisissant. Les espaces des caniveaux ont été récemment excavés sans être aménagés. Leurs entrailles — bouteilles en plastique, sachets, déchets de toute nature — jonchent ce qui devait servir d’arrêts de bus et de trottoirs. Les images parlent d’elles-mêmes : des montagnes d’immondices s’accumulent là où la circulation piétonne devait être fluide et sécurisée.
Au-dessus de ces saletés, des vendeurs ont quand-même installé leurs étals. Nourriture, vêtements, accessoires de téléphone, produits de beauté et autres marchandises cohabitent sans aucune organisation avec bus, taxi-bus et motos-taxis, venus soit déposer, soit récupérer les passagers sur ce point névralgique de la capitale.
Plus grave encore, certains commerçants n’hésitent pas à étendre leurs marchandises directement sur la voirie récemment aménagée. Une occupation anarchique qui rend la circulation des véhicules difficile et expose les piétons à des risques permanents. Les trottoirs n’existent plus que de nom, obligés de céder la place à un marché improvisé à ciel ouvert.
Ce retour rapide au désordre interroge. Comment un ouvrage public, à peine livré, peut-il se retrouver dans un tel état ? À qui revient la charge de faire respecter l’ordre, de protéger les infrastructures et de garantir la mobilité urbaine sur un axe aussi stratégique ?
En attendant d’y répondre, l’absence de contrôle ou la tracasserie policière, laxisme et incivisme restent les rois du Rond-point Victoire.
Bahatiquement


