Manifs anti Malonda : le «deal» FCC-CACH au bord de la rupture

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Malgré l’interdiction, par le gouvernement central et des maires de plusieurs villes du pays, de toute manifestation pro ou anti Ronsard Malonda, l’UDPS a réussi à faire descendre aujourd’hui dans la rue de nombreux «combattants».

Avec des cris hostiles à Jeanine Mabunda, Ramazani Shadary, Joseph Kabila et au PPRD/FCC en général, les manifestants ont paralysé les activités dans de nombreuses villes du pays. Déployée en masse, notamment aux alentours du palais du peuple pour empêcher toute intrusion au siège du parlement, la police a fait usage de gaz lacrymogènes et de tirs en l’air pour disperser les manifestants.

Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, on voit Jean-Marc Kabund et son état-major marcher avec les «combattants», preuve que l’homme est aux commandes.

En attendant de connaître le bilan humain et matériel de cette folle journée, il faut signaler des échauffourées entre militants de l’UDPS et du PPRD, particulièrement à Kinshasa. Le bureau du PPRD situé sur 6ème rue Limete industriel a été attaqué et quasiment détruit. Le siège fédéral du PPRD sur avenue Sendwe a pu être sauvé de justesse grâce à une intervention rapide de la police. Les sièges d’autres partis membres du FCC situés dans le même environnement ont eu moins de chance.

Le siège du PPRD situé à la 6ème rue Limete, saccagé par les manifestants anti-Malonda (Photo. Lisapo)

La leçon que l’on peut tirer à première vue de cette journée est que la coalition FCC – CACH bat de l’aile, si elle n’est plus qu’une coquille vide. Les deux parties s’opposent quasiment sur tout, notamment la désignation de Ronsard Malonda comme prochain président de la CENI ou les trois propositions de lois Minaku-Sakata sur la réforme de la justice -mises finalement en veilleuse.

Défenestré de son poste de premier vice-président de l’assemblée nationale, Jean-Marc Kabund s’est replié dans son rôle de président intérimaire de l’UDPS où il semble bénéficier d’un regain de popularité auprès de la «base». Avec Augustin Kabuya, secrétaire général a.i. de l’UDPS, ils forment un duo d’enfer pouvant faire bouger une «base», qui n’hésite plus ouvertement à dire du mal du «deal».

Au PPRD, on préfère s’indigner et menacer de rompre le «deal» afin que le FCC s’octroie la gestion de tout l’appareil de l’État. On s’acheminerait donc vers la cohabitation entre un président issu de l’UDPS/CACH et un gouvernement ne comprenant que des membres du FCC/PPRD.

Des menaces, rien que des menaces jusque-là. Personne, apparemment ne veut franchir le Rubicon, même si le désamour a atteint le point de non retour. Tout donne à penser que le «deal» ne tient plus que par la volonté de ceux qui l’avaient conclu et qui en connaissent les tenants et aboutissants.

Le jour où Joseph Kabila et Félix Tshisekedi le voudront, ce sera la fin du «deal». Entre-temps, on va continuer à compter des morts, des blessés. Des bâtiments seront saccagés et des biens privés continueront à être détruits. Tout cela au nom d’un «deal» aux contours flous.

N’tombo Lukuti

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