Kinshasa à l’heure du covid19 : aucun respect des gestes barrières pendant les enterrements

Par

On approche, lentement mais surement, de 1000 cas de personnes testées positives au covid19. Cette progression ne semble pas encore capter l’attention des Kinoises et des Kinois. Et ce, malgré les mesures arrêtées par les autorités publiques. Un journaliste de Lisapo a été témoin, ce jour, d’un regroupement de plus de 20 personnes au cimetière de Kinkole et Kinkole nouvelle cité. Les amis et connaissances des familles éprouvées ont allègrement accompagné la dépouille mortelle à sa dernière demeure.

Ceux qui portaient les masques étaient à peine visibles. Malgré le coût plutôt accessible aux gagnes-petits – 500 francs congolais, très peu d’accompagnateurs en étaient munis. Aucune distanciation sociale n’était observée. Pis encore, tous les petits commerces (de chaises, de boissons, de nourriture…) étaient bien visibles et vaquaient comme à l’habitude. Même constat lors des veillées mortuaires. Les Kinois continuent de s’agglutiner autour du cercueil. Or, l’autorité de la ville avait autorisé la présence de 20 personnes maximum lors de ce genre d’évènements.

Terrasses et bars : trucs et astuces pour contourner l’interdiction

Même constat triste du côté des bars, terrasses et boîtes de nuit. Les tenanciers de ces commerces usent de trucs et astuces pour contourner l’interdiction de l’autorité. C’est dans la discrétion la plus totale, sans tambour ni trompette que le décor trompe l’oeil est dressé. ” Je m’arrange pour ne pas être surpris par les agents de l’ordre. Pour cela, je sors mes chaises juste pour mes clients fidèles. Je ne me hasarde pas à offrir mes services à un visage qui ne m’est pas familier “, confie une jeune dame, la trentaine révolue et tenancière d’une terrasse au rond-point Luputa dans la commune de Bandalungwa. 

Quelques part à l’ouest de Kinshasa sur la route by pass dans la commune de Mont-Ngafula, celui qui se fait appeler par des intimes “Empereur” sirote tranquillement sa bière avec les siens.  Quand on l’interroge sur sa présence dans ce bar. Il lâche, un sourire en coin : ” Confinement oui, sous stress non“.

En effet, le bar est fermée mais il fonctionne quand même : chaises sans tables, bouteilles de bière planquées sous les chaises. Cette méthode a un nom : “système ya levier de vitesse”, traduisez “en mode levier de vitesse”. Une preuve de plus que le Kinois n’est pas prêt de respecter les gestes barrières.

Perpétue Lukana et Joel Wetu

Commenter

Your email address will not be published.

Résoudre : *
8 + 8 =


Ça Pourrait Vous Intéresser