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Test covid : les voyageurs truandés partout

Samedi 22 mai. Il est 14h00. On m’annonce que je dois me rendre à Kigali, au Rwanda avant le 25 mai pour participer à une conférence internationale. Conséquence: je dois tout faire à la hâte pour m’y rendre. Une agence de voyage me certifie au téléphone que la réservation pour le vol de lundi 24 mai à 19 heures est possible. Elle fait la réservation. Pas besoin d’un billet papier, l’agence m’envoie le billet électronique sur mon numéro Whatsapp. Pas nécessaire non plus d’avoir un visa pour entrer au Rwanda, le visa s’obtient à l’aéroport même. Problème réglé.

Mais, il me faut aussi un test covid-19 négatif effectué maximum 72 heures avant le voyage pour entrer au Rwanda. Je téléphone à l’Inrb. Une dame me confirme que les tests se font aussi le dimanche entre 8h00 et 12h00 et les résultats sont disponibles 24 heures après. Dimanche 23 mai, j’arrive à l’Inrb à 8h05. Il y a foule, mais les préposés aux tests ne sont pas encore à l’oeuvre, faute d’électricité.

La foule grandit. Les critiques grandissent, certains sont arrivés là à 6heures du matin. Il est quasiment 9 heures quand, enfin, un technicien de la Snel se pointe et rétablit l’électricité. Les tests peuvent alors commencer, directement, pour ceux qui se sont fait enregistrer sur le site de l’Inrb en remplissant un formulaire ad hoc qui produit à la fin un code barre, qu’il faut capturer avec son smartphone. C’est ce code qu’il faut présenter aux dames préposées à la caisse. Coût: 30$.

L’affaire est tellement juteuse que l’impetrant s’engage, lors du remplissage du formulaire en ligne, à payer 45$ lors de son retour au pays pour un «autre» test. Tant que vous ne cochez pas cette case, le formulaire n’est pas validé et le code barre non généré. Quelle astuce!!!

Lundi 24 mai vers 4heures du matin, je reçois un mail de l’Inrb m’annonçant que mon test covid-19 est négatif. Ouf de soulagement. Quelqu’un se pointe à l’Inrb vers 12 heures et récupère pour moi, mon attestation de test covid-19. En raison des embouteillages, je prends la route de l’aéroport vers 15heures. La circulation n’est pas si intense et j’arrive à l’aéroport de N’djili vers 17heures. Les formalités sont vite faites et à 17h30, je suis dans la salle d’attente.

Prévu à 19h00, le vol de RwandAir n’a lieu qu’à 21h00 sans aucune excuse ou même explication de la compagnie. A minuit 30′, heure de Kigali, l’avion atterrit. Je suis pris en charge par des agents du protocole des organisateurs de la conférence. Ils s’occupent des formalités consulaires, mais ne peuvent rien faire pour moi face aux agents de Rwanda Biomedical Center (RBC) pour le test covid-19. Le test de l’Inrb ne les intéresse pas non plus. Il faut payer 60$ pour le test du RBC. Je paie, malgré moi, les 60$. Une dame remplit le formulaire sur sa tablette et procède au prélèvement de la salive. Salive seulement. Je peux enfin entrer au Rwanda.

Je participe à la conférence où les gestes barrières sont de stricte application. Des agents du RBC sont à l’oeuvre. Gel hydroalcoolique à tout moment, changement de masque trois fois au cours de la journée, pendant les travaux. Oufff.

La conférence finit, on me dit que si je dois quitter Kigali vendredi 28 mai, je dois absolument effectuer un nouveau test covid au RBC, jeudi 27 mai. Je m’y rends. S’engage une longue et vive discussion avec les agents de la structure, qui prennent du plaisir à ne parler qu’un français approximatif. Je leur fais comprendre que mon test datait de moins de 72 heures et que je refusais de payer pour un nouveau test. Après une longue palabre, ils prennent en compte mes arguments et me laissent partir. 60$ sauvés.

Vendredi 28 mai, je suis à l’aéroport à 7 heures. L’ordre règne. Je fais moi-même les formalités et me retrouve dans la salle d’attente à 8 heures, le vol étant prévu à 9h00. Quelques minutes avant 9h00, on nous annonce que le vol est retardé d’une heure trente. Déception dans la salle d’attente. Les Congolais, majoritaires sur ce vol se lancent, en lingala, dans de longues critiques. Pour patienter, ils rejoignent le restaurant pour mettre quelque chose sous la dent.

10h45, l’avion décolle. Il est plein comme un œuf. 90% des passagers sont des Congolais. Ils viennent de Goma. Ils ont fait cinq à six heures de route pour joindre la capitale rwandaise. A l’atterrissage à Kinshasa, on me dit que je dois payer 45$ pour un nouveau test.

«Test oyo ya ba Rwandais etali biso te, sala ya biso». Je fais comprendre au gars, qui semblait être le chef que mon test Inrb datait de moins d’une semaine. Il examine le document, compte avec moi et reconnais que mon test est valide jusque dimanche 30 juin. Ouff. 45$ sauvés.

Direction salle de la DGM. Il y a foule. Il fait excessivement chaud. Je patiente près d’une heure pour enfin rejoindre la salle de récupération des bagages. Il y fait encore plus chaud. Une foule indéfinissable de gens y déambule à la recherche des «coops», une pratique qu’on ne voit plus que dans les aéroports congolais.

Comment un non-voyageur peut-il accéder à la salle de récupération des bagages. Il me faut une trentaine de minutes pour repérer mon colis. Je le récupère et sort de l’aéroport, rempli d’autres personnes dont des chauffeurs taxis.

Ainsi se termine mon voyage. Si j’avais cédé à tous les caprices de l’Inrb et du Rcb, les tests covid voyageur m’aurait coûté au total 195$, soit 120$ pour le Rbc et 75$ pour l’Inrb. Cela s’appelle quoi?

FMK

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