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Procès 100 jours : Vital Kamerhe doit modifier sa ligne de défense

Vital Kamerhe n’obtiendra sans doute jamais la liberté provisoire. Celle-ci lui a déjà été refusée à tous les niveaux sept fois. C’est donc en prévenu qu’il devra se présenter devant ses juges de la cour d’appel de Kinshasa/Gombe.

Ce procès en appel a déjà été reporté à trois reprises, essentiellement pour des questions de saisine. La prochaine audience aura lieu dans trois semaines, si entre-temps le toujours «directeur de cabinet» du président de la République se sent mieux, lui qui a dû être hospitalisé dimanche à la suite de la «dégradation de son état de santé».

Dans la ville, certains ont parlé d’une contamination au coronavirus. L’information n’a toutefois pas été confirmée de sources officielles. Elle a tout de même été largement commentée. Toutefois, nombreux ne croient nullement à cette brusque détérioration de l’état de santé du président de l’UNC, cofondateur, avec Félix Tshisekedi, de Cap pour le changement (CACH), partenaire du FCC dans la coalition au pouvoir actuellement.

Quoi qu’il en soit, les avocats de Vital Kamerhe devraient arrêter avec cette fixation de solliciter, toutes les trois semaines, la liberté provisoire pour leur client. Ils devraient plutôt se concentrer à réunir les éléments de preuves pouvant le faire sortir du pétrin dans lequel il est englué dans le volet «maisons préfabriquées» du procès dit du programme des premiers 100 jours du président de la République.

Défense assez floue

La ligne de défense du prévenu Kamerhe semble, jusque-là, assez peu convaincante. S’il affirme se battre pièces contre pièces dans ce procès pénal, les documents brandis ne semblent pas tenir la route. À moins que le juge du premier degré ne se soit pas donné la peine de bien les examiner ou que les avocats ne les ont pas bien exploités.

Le moment est venu pour la défense de Vital Kamerhe de prouver que l’homme peut être blanchi des faits lui imputés au lieu de clamer à tout moment que le procès «est politique». Des spécialistes notent entre autres que de nombreuses zones d’ombre n’ont pu être éclaircies lors du procès au premier degré au niveau du tribunal de grande instance de Kinshasa/Gombe.

S’agissant particulièrement des maisons préfabriquées, il faudrait démontrer, preuves à l’appui de concert avec la partie Samih Jammal, que le contrat, si contrat existe, est en train d’être exécuté. Une descente sur terrain de la composition devrait être exigée. Il faudrait ainsi savoir combien de maisons ont déjà été construites. Où se trouvent, preuves à l’appui, les containers des maisons commandées non encore dédouanées ? Bref quel est le niveau de réalisation du contrat par rapport aux fonds perçus ?

La défense de Vital Kamerhe devrait également lever le voile sur l’existence d’une équipe de pilotage ou de coordination du programme. Les principaux protagonistes ou considérés tels n’ont pas reconnu avoir participé à des rencontres sur le volet maisons préfabriquées. Il faudrait démontrer, preuves à l’appui, que ces personnalités, avaient bel et bien perçu leurs primes. Puisque des fonds avaient été débloqués pour ce faire. Combien chacun avait perçu ? Et pour quel travail ? Des preuves, rien que des preuves, si elles existent. On ne peut en effet que des primes ont été payées à certaines personnes sans que des états de paie existent ou n’aient été établies. Qui avait payé ces primes, à qui et à quelle hauteur pour chacun. Une confrontation entre l’agent payeur et les bénéficiaires devrait être organisée pour tirer cette affaire au clair.

Quant au choix porté sur Samih Jammal, la défense de Vital Kamerhe devrait éclaircir les non-dits du premier procès. Pourquoi le premier ministre de l’époque avait-il désigné Samih Jammal ? Pourquoi est-ce le ministre du développement rural qui avait été chargé de piloter le projet des maisons préfabriquées alors que ces maisons n’étaient pas destinées au milieu rural ? Pourquoi le ministre de l’urbanisme et habitat de l’époque avait été écarté.

On rappelle que la présidence Félix Tshisekedi avait en fait récupéré un projet mis en place par le gouvernement Bruno Tshibala. Ce dernier avait confié sa réalisation au ministre du développement rural, Justin Bitakwira. La défense de Vital Kamerhe devrait également chercher à le tirer de la responsabilité du détournement, si détournement il y a eu, des fonds confiés à Muhima pour le dédouanement des containers des maisons. Muhima avait-il oui ou non payé ces frais et à qui? Combien avait-il payé? Les factures existent-elles pour cette transaction?

Des faits, des preuves et non un discours politique ! C’est ce que l’on demande à Vital Kamerhe, qui joue sa vie, sa carrière politique et son honneur. On rappelle qu’au premier degré, Vital Kamerhe a été condamné à 20 ans de prison et 10 ans d’inéligibilité.

N’tombo Lukuti

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