Procès Kamerhe : comment Fayulu peut récupérer le Sud-Kivu

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Le Directeur de cabinet à la Présidence de la République, Vital Kamerhe sera, pour la deuxième fois, devant son juge le lundi 25 mai prochain. Il est cité dans le détournement de fonds publics destinés aux travaux d’urgence du programme des 100 jours du chef de l’Etat.

Pendant que Vital Kamerhe devra se battre seul devant ses juges, ses électeurs de Bukavu, chef-lieu de la province du Sud-Kivu, sont presque chaque semaine dans la rue. Ils réclament la libération, sans condition, de leur “champion”. En effet, Vital Kamerhe est le président de l’Union pour la Nation Congolaise (UNC).

Tous les moyens sont bons

Et, en politique toutes les astuces sont bonnes pour gagner une bataille. Mieux, pour faire pression sur le camp adverse. Les militants de l’UNC se rappellent de l’élection présidentielle de décembre 2018.

Ainsi, le 11 mai dernier, le jour de la première comparution de Vital Kamerhe, ses partisans sont descendus dans la rue à Bukavu, voire à Goma. Objectif : lancer un message à leurs alliés de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS) – le parti du chef l’Etat.

Brandissant drapeaux et effigies de leur parti et de leur leader, les militants de l’UNC/Bukavu et Goma, ont menacé de rejoindre le combat de ” la vérité des urnes “. Et cela, si Vital Kamerhe n’est pas libéré. Ce combat, rappelons le, est celui que mène Martin Fayulu pour “sauver” la République Démocratique du Congo. ” .

Quitter les institutions de la République

Bien plus, les partisans de l’UNC/Sud-Kivu ont exigé à leurs élus de suspendre leur participation dans toutes les institutions de leur province si leur leader n’est pas libéré.

Certes, la stratégie consiste à faire pression sur leurs alliés de l’UDPS. Mais pour certains analystes politiques, le procès Kamerhe peut changer la configuration politique à court et à long terme en RDC.

Faire basculer le Sud-Kivu

Selon des observateurs de la scène politique congolaise, une condamnation de Vital Kamerhe pourrait changer la donne politique lors de prochaines échéances électorales. Notamment lors de la présidentielle de 2023.

Martin Fayulu, candidat de la coalition Lamuka lors de la dernière présidentielle, est déjà populaire dans une grande partie de la province du Nord-Kivu. En clair, il pourrait se voir dérouler le “tapis rouge” dans la province voisine du Sud-Kivu.

Certes, Vital Kamerhe multiplie des messages de paix depuis sa cellule de prison pour appeler ses militants à soutenir leur alliance avec l’UDPS. Mais d’aucuns se demandent s’il tiendra le même langage si jamais il était condamné à la fin de ce procès. Wait and see.

RKM

1 Comment
  1. Kash 3 jours ago
    Reply

    Un rêve de voir Fayulu, Président de l république. Populaire ? N’oubliez pas que ses créateurs seront là et brigueront ? De deux, suis en contact avec des amis avec qui j’ai étudié à Alfajiri et Ibanda, qui m’ont dit que ce sont des jeunes gens manipulés qui sortent dans la rue. De 3, je me demande ce que vient faire l’UDPS et l’UNC dans un problème individuel de detournement ? Journalistes, soyez sérieux et dignes de votre plume.

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